Le bien-être au travail… version animale
Comment l’établissement de liens avec des animaux favorise le bonheur, la santé et la productivité chez les juristes
Sara Forte vous dira qu’elle n’est pas une amoureuse des chiens.
Elle a deux chats et quelques poules dans sa cour, et elle aime bien les chiens des autres. C’est pourquoi, il y a quelques années, lorsque son adjointe juridique lui a demandé si elle pouvait amener un chien au bureau, elle a accepté.
« Tant que je peux être directe et transparente quant à la façon dont cela fonctionne pour moi et que vous pouvez être direct et transparent quant à la façon dont cela fonctionne pour vous, alors oui, allons-y », dit Me Forte, fondatrice de Forte Workplace Law à Surrey, en Colombie-Britannique.
En plus d’un petit problème temporaire de gaz intestinaux, la présence de Roscoe a été facile. Le bouledogue au visage tombant passait la plupart de son temps à dormir au sol, favorisant une ambiance apaisante. Il avait également le don de savoir avec qui interagir. Il était heureux de quêter des câlins et des caresses, mais tout aussi content de simplement piquer des sommes.
Me Forte a vu comment la présence de Roscoe a rehaussé le moral de son cabinet en croissance, qui compte maintenant quelque vingt-cinq employés.
« Sa compagnie est si reposante, dit-elle. Je pense que c’est un avantage en matière de bien-être. »
La science soutient cette affirmation. Des études démontrent que caresser des chiens abaisse les hormones du stress, tout en stimulant l’ocytocine.
« Ils réduisent notre stress, notre anxiété et d’autres tensions semblables, et augmentent notre sentiment de calme », explique Colleen Dell, sociologue à l’Université de la Saskatchewan, qui étudie les liens entre humains et animaux.
Un autre avantage est qu’ils encouragent des pauses-santé, que ce soit pour promener le chien ou simplement pour prendre une courte pause. Les chiens vivent le moment présent, dit-elle, et ils nous attirent dans ce moment aussi.

Waffles
Quant à Roscoe, il ne s’est pas contenté de charmer Me Forte et son personnel. Il a également mis de nombreux clients à l’aise, brisant la glace et créant un point commun naturel.
En effet, l’expérience avec un compagnon à fourrure s’est avérée si réussie que l’adorable Waffles a rejoint Roscoe au bureau il y a quelques années.
« Ils sont excellents pour le recrutement, dit Me Forte. J’utilise beaucoup leurs images. »
Mettre les efforts pour que ça fonctionne
Plus de 60 % des ménages canadiens ont des animaux de compagnie. Ainsi, les bureaux où les animaux sont acceptés offrent un avantage attrayant à une grande partie de la main-d’œuvre qui ne veut pas laisser leur meilleur ami seul toute la journée.
La clé est de trouver des moyens de faire fonctionner la vie en commun. Pour Me Forte, cela signifiait garder les chiens du cabinet loin de la zone client, de favoriser des discussions ouvertes et d’essayer des choses au cas par cas.
Car, comme ils l’ont découvert, tous les chiens ne sont pas faits pour la vie de bureau. Un nouveau chiot s’est avéré un peu trop agité. Un autre aboyait chaque fois que son propriétaire s’éloignait pour une réunion.

Roscoe & Sara Forte
Même les animaux les mieux élevés peuvent ne pas convenir à un cadre professionnel. Le personnel ou les clients peuvent souffrir d’allergies ou craindre les chiens. Les propriétaires d’espaces commerciaux peuvent interdire les animaux domestiques dans leurs bâtiments. Aussi, la gestion des pauses-pipi chez les chiots peut être intenable si vous êtes au 20e étage d’une tour de bureaux.
En même temps, il est important de tenir compte du point de vue du chien.
« Ce n’est pas un outil à la disposition des humains. Ce sont des êtres sensibles », avance Mme Dell.
Au-delà du chien de bureau
Si vous ne pouvez pas emmener votre animal de compagnie au travail, il existe d’autres moyens de profiter des bienfaits apaisants qu’il procure. Par exemple, vous pouvez installer un aquarium de poissons dans le hall ou opter pour un mode de travail hybride qui permet de passer du temps avec votre animal à la maison. Vous pouvez aussi consacrer du temps à votre animal lorsque vous rentrez à la maison.
Louis DelSignore, de son côté, aime les chevaux. Il a commencé à en monter quand il était jeune et a ensuite concouru dans l’équipe équestre de son université. Toutefois, les exigences de la faculté de droit et son emploi ultérieur dans un cabinet de contentieux de New York l’ont forcé à mettre son passe-temps sur la glace.
Plusieurs années plus tard, à la suite d’un déménagement chez McKenzie Lake Lawyers à London, en Ontario, il a dû consacrer de longues heures à mettre sur pied un cabinet spécialisé en blessures corporelles et à servir ses clients. Il était tard une nuit quand il a finalement décidé qu’il avait besoin de faire quelque chose qu’il aimait en plus de travailler.
Il a commencé à se renseigner sur l’achat d’un cheval. L’arrivée de Johahn quelques mois plus tard a changé sa vie.
« Vous pouvez annuler un entraînement en salle ou une séance avec un entraîneur, mais vous ne pouvez pas annuler si facilement une activité avec un animal qui dépend de vous. Vous prenez du temps pour eux et donc pour vous-même », explique Me DelSignore.

Louis DelSignore & Roxy
Les avantages vont au-delà de l’exercice physique et de l’air frais. Le simple fait d’entrer dans l’écurie lui redonne de l’énergie.
« J’aime l’odeur, la sensation et le calme d’une écurie, dit-il. C’est le seul moment où je ne suis pas sur mon téléphone portable. »
Même s’il ne visait pas la compétition, Me DelSignore a fini par réintégrer le monde du saut d’obstacles compétitif et s’est qualifié pour les compétitions nationales des États-Unis.
C’est beaucoup de travail en plus de son horaire de travail déjà chargé. Mais il insiste sur le fait que ses chevaux lui apportent également des avantages professionnels : d’une force mentale accrue et une vigueur renouvelée à la multiplication des occasions de réseautage.
« Cela me permet vraiment, à bien des égards, d’être un meilleur juriste parce que je suis satisfait et passionné par quelque chose d’autre dans ma vie. »
En plus des blessures corporelles, la pratique de Me DelSignore touche maintenant les chevaux et le droit équin. Il aide des personnes, des entreprises et des propriétaires de chevaux avec un éventail de questions liées aux chevaux.
Des liens qui stimulent le bien-être
Les animaux ne sont pas un antidote à toutes les pressions d’une carrière juridique de haut niveau. Toutefois, comme le soutient Mme Dell, leur présence exempte de jugement change la donne.
« Il est facile de tisser des liens avec eux, dit-elle. Ils peuvent remplir un rôle que les humains ne peuvent pas jouer. »
Qu’il s’agisse de travailler avec un chien à vos pieds, de caresser votre chat à la fin de la journée ou de vous rendre toutes les semaines à l’écurie, ce contact peut rimer avec de nombreuses victoires en matière de bien-être.