Gardienne de la primauté du droit
Forte de son expérience juridique à l’international, Robyn Trask, nouvelle vice-présidente de l’ABC, porte un regard plus large sur le monde et s’est façonné une carrière axée sur la promotion des droits de la personne et de la justice sociale
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Robyn Trask n’était pas comme la plupart des jeunes enfants lorsqu’il était question d’aspirations professionnelles.
Elle ne rêvait pas de devenir vétérinaire, ballerine ou pompière. Devenir astronaute ne faisait pas non plus partie de ses ambitions.
« Je voulais devenir avocate depuis l’âge de huit ans », raconte Me Trask, reconnaissant que c’est « un peu inhabituel ».
Elle n’a jamais dévié de cette voie et exerce aujourd’hui comme avocate plaidante en Colombie-Britannique, se spécialisant en droit du travail, en droits de la personne et en droit constitutionnel. Elle représente principalement des syndicats et leurs membres.
Depuis ce mois-ci, elle est également la nouvelle vice-présidente de l’Association du Barreau canadien.
Apprendre le droit à l’étranger
Un intérêt précoce pour le développement international a amené Me Trask à s’investir pour la première fois de façon importante auprès de l’Association du Barreau canadien alors qu’elle était jeune avocate. Au cours de sa deuxième année de pratique, elle s’est jointe au Programme international des jeunes juristes de l’ABC, alors en activité, et a passé sept mois auprès de l’Ethiopian Women’s Lawyers Association.
En Éthiopie, Me Trask a travaillé aux côtés de juristes éthiopiens pour mener des recherches et faire progresser des projets de défense des droits, notamment une initiative visant l’adoption de dispositions législatives sur la pension alimentaire pour conjoint.
« C’était évidemment très tôt dans ma carrière, et cette expérience a vraiment renforcé mes liens avec l’ABC », avance-t-elle.
Pendant ses études de premier cycle, Me Trask a également passé un an à étudier les sciences politiques à l’Université du Zimbabwe. Elle a effectué un stage de trois mois en Sierra Leone, a travaillé sur le Projet de l’ABC d’appui au développement des ressources inclusives en Afrique oriental au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, ainsi que sur un autre projet en Éthiopie avec la Justice Education Society of BC. Dans le cadre de ce dernier, elle a collaboré avec un organisme local afin d’offrir de la formation sur les enquêtes sur les scènes de crime, la plaidoirie et la prise de décisions judiciaires dans le but de lutter contre les crimes violents commis à l’endroit des femmes.
Toutes ces expériences lui ont permis de porter un regard plus large sur le monde.
« Je pense que ces expériences professionnelles m’ont probablement aussi aidée à mieux comprendre l’importance de travailler ensemble. »
« Nous savons que les modèles descendants ne fonctionnent pas. Le partenariat et la collaboration sont importants. Le travail à l’international évoluait beaucoup à cette époque période, et il était donc intéressant de participer à ce type de projets liés à la justice alors que l’importance de cette réalité était de plus en plus reconnue. »
En fin de compte, c’est cette approche collaborative qu’elle privilégie dans son travail.
« À mesure que nous acquérons de l’expertise, nous pouvons travailler plus efficacement », souligne Me Trask.
« Mais j’ai toujours l’impression que, dans tout ce que je fais, je retire davantage de l’expérience que ce que j’y apporte, parce que, si l’on est attentif, on écoute et on apprend plus qu’on ne contribue. Et c’est certainement vrai du travail à l’international. »
Le fait de travailler aux côtés d’associations juridiques internationales lui a permis de perfectionner les compétences qu’elle met à profit dans sa carrière juridique et son engagement bénévole au Canada. Me Trask est maintenant associée chez Victory Square Law Office, un cabinet de Vancouver spécialisé en droit du travail qui offre des conseils et des services de représentation aux travailleurs ainsi qu’à leurs syndicats et à leur coopératif. Sur le plan du travail bénévole, elle s’est beaucoup investie auprès du FAEJ de la côte Ouest, notamment à titre de présidente du conseil d’administration et d’avocate bénévole pour l’organisme.
Son engagement bénévole auprès de l’ABC est tout aussi important : elle a siégé au Conseil d’administration de l’ABC, présidé la Section du droit du travail et de l’emploi de l’ABC ainsi que le Sous-comité des sections de l’ABC, et a coprésidé la Section du droit du travail de la Division de la Colombie-Britannique de l’Association.
La fillette de huit ans qu’elle était serait sans doute impressionnée par le nombre de dossiers qu’elle a traités portant sur une multitude d’enjeux liés aux droits de la personne et à la justice sociale. Elle a défendu les intérêts de femmes quittant des relations violentes et a travaillé sur des dossiers visant à faire progresser les droits des personnes issus des communautés LGBTQ ainsi que sur des affaires de discrimination fondée sur la grossesse.
Me Trask a acquis une vaste expérience en litige et en appel devant les tribunaux administratifs et judiciaires, y compris six comparutions devant la Cour suprême du Canada. Elle a représenté la partie appelante dans l’affaire Hansman c. Neufeld, une affaire de diffamation dans laquelle la Cour suprême du Canada s’est penchée pour la première fois sur la discrimination envers la communauté de personnes transgenres. Elle apporte également le point de vue obtenu au sein d’une grande organisation composée de membres, ayant travaillé pendant 16 ans comme conseillère juridique en contentieux au sein de la BC Teachers’ Federation, dont six années à titre de conseillère juridique générale. Comptant environ 50 000 membres, la fédération est à peine plus grande que l’ABC.
Créer un monde plus juste
Me Trask a toujours été consciente du potentiel qu’ont les juristes de contribuer à façonner la profession juridique asin de créer un monde plus juste, même dans un contexte d’évolution rapide.
« Renforcer le rôle de l’ABC en tant que gardienne de la primauté du droit semble être un enjeu omniprésent qui exige une attention constante », indique-t-elle en évoquant ses priorités au moment d’assumer ses fonctions de vice-présidente.
Elle souhaite contribuer à bâtir une profession véritablement inclusive, à accroître la valeur de l’adhésion et l’engagement de l’ensemble des membres, tout en construisant une association qui reflète la taille de la profession juridique au Canada et les valeurs de celle-ci.
« Je voulais devenir juriste parce que j’étais motivée par des considérations de justice sociale et par le désir de rendre le monde meilleur », confie Me Trask.
« J’ai cherché à poursuivre cet objectif tout au long de ma carrière. Je me sens très privilégiée d’avoir pu accomplir un travail qui correspond à mes valeurs et à mon objectif d’essayer d’aider les gens. »