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Profil d’entreprise : OnRègle.com

Une « legal tech » qui propose des solutions sur mesure pour le justiciable moyen et les petites entreprises.

Alexandre Désy, OnRègle.com

Constatant que plus de 88% de la population estime que les services juridiques offerts sur le marché sont trop coûteux, longs et complexes, Alexandre Désy a lancé, avec son confrère Philippe Lacoursière, une plateforme de résolution de conflits en ligne. Une initiative novatrice qui a déjà remporté plusieurs prix et dont la popularité est croissante.

Fondé en 2016, OnRègle.com aide les consommateurs à rédiger eux-mêmes et à peu de frais une mise en demeure ou une demande aux petites créances à l’aide d’un formulaire intelligent. S’ils le désirent, ils peuvent également discuter avec un avocat, obtenir une révision juridique et même une préparation à l’audience à la cour, le tout pour une fraction des prix habituellement pratiqués par les cabinets. OnRègle.com propose aussi des solutions sur mesure pour les petites entreprises.

Un avocat dans votre poche

Depuis sa création, OnRègle.com sert en moyenne 1000 à 2000 clients par an et a étendu ses services en Ontario. L’idée derrière cette plateforme juridique virtuelle? Rendre la justice plus accessible grâce aux nouvelles technologies. Car selon Alexandre Désy, cela fait belle lurette que Monsieur et Madame tout le monde ont cessé de confier leurs dossiers aux avocats : petites créances, litiges avec un voisin ou un commerçant, par exemple. « Les gens ne comprennent pas trop comment le système fonctionne et considèrent que les services juridiques sont trop chers. Résultat, on se retrouve devant un véritable problème d’accès à la justice. C’est un peu comme si 90% des personnes malades n’allait pas consulter un professionnel de la santé! », dit-il. Une situation préoccupante si l’on considère qu’une partie de la population estime que cela ne vaut pas la peine de faire valoir ses droits. Car de l’avis de Me Désy, aujourd’hui, seules les entreprises, les personnes mieux nanties ou celles qui n’ont d’autre choix que d’avoir recours à un juriste (pour un divorce par exemple) cognent à la porte des bureaux d’avocats.

Il a établi ce constat sur la base de son expérience professionnelle, mais aussi sur ses observations lorsqu’il était avocat au développement de la profession au Barreau du Québec et qu’il effectuait une veille sur les tendances et le futur du droit. Intéressé par les modes de prévention et règlement des différends, membre du Comité sur la justice participative du Barreau du Québec, c’est tout naturellement qu’il a commencé à réfléchir à des solutions novatrices.

Avec OnRègle.com, Me Désy souhaite littéralement mettre un palais de justice et un avocat dans la poche de tous les Québécois. « Au départ, nous voulions fournir des services entièrement automatisés, mais nous avons rapidement constaté que les clients souhaitaient quand même pouvoir consulter en avocat. C’est pourquoi la plateforme les dirige vers Assistance Avocats, un cabinet partenaire favorable à l’utilisation des nouvelles technologies en droit », explique-t-il.

Nouvelle culture judiciaire

Loin d’enlever du travail aux avocats, le cofondateur de OnRègle.com estime que cela peut plutôt les aider à s’en procurer, la plateforme générant un volume d’affaires en ligne. « Les avocats sont comme des artisans qui font tout à la main, ce qui rend les services juridiques coûteux. En automatisant une partie du travail, ou en permettant au justiciable d’en réaliser une partie, cela rend les petits dossiers plus rentables pour le juriste et les services abordables pour le client. Pour être compétitif et faire baisser les prix, on passe donc du  « sur-mesure » aux tâches automatisées et standardisées. Quand Ford a inventé la chaîne de montage, cela a permis de démocratiser l’automobile. C’est un peu la même dynamique ici », fait-il valoir. Cela dit, il convient que ce ne sont pas tous les dossiers qui peuvent être traités de la sorte, seulement ceux pour lesquels il existe une certaine standardisation des processus.

Il estime cependant que prendre le virage des nouvelles technologies est indispensable pour assurer l’avenir de la profession d’avocat et lui permettre d’investir une partie inoccupée du marché. D’ailleurs, selon lui, l’avocat du futur devra aussi porter le chapeau du gestionnaire de TI et de solutions d’affaires, alors que les « legal tech » prennent de l’expansion dans plusieurs autres pays, au Royaume-Uni et en France notamment.

Sur le terrain, le milieu juridique québécois et canadien accueille favorablement cette « nouvelle culture judiciaire ». Ainsi, en 2016, Me Désy a été nommé avocat de l'année par le jeune Barreau de Montréal et a reçu le Mérite du Barreau du Québec pour l’innovation et l’accès à la justice l’année suivante. Quant à la plateforme, elle a été récompensée à plusieurs reprises : deuxième prix du concours La Ruche Académie Desjardins au Québec, premier prix à l’accélérateur GrindSpace XL de la Queen’s University à Kingston en Ontario, et parmi les cinq finalistes de 2018 au concours international de l’Association du Barreau canadien « The Pitch », à Toronto.

Enfin, mentionnons que 15% des profits de OnRègle.com seront versés à des initiatives visant à améliorer l’accès à la justice, une excellente façon, selon Me Désy, d’être cohérent avec le but et la mission de l’entreprise.