L’intelligence artificielle dans l’équation humaine

Par Beverley Spencer Printemps 2018

 

Je crains parfois que le progrès devienne si rapide qu’il échappe à notre contrôle. Et je ne suis pas seule.

Ken Grady, professeur à la Faculté de droit de l’Université d’État du Michigan, se dit l’« apôtre de l’innovation en droit », mais s’alarme du nouveau mouvement visant à transformer les juristes en technocrates.

Selon lui, l’évolution de la société vers un avenir hybride où l’intelligence artificielle coexiste avec l’humain remet en question les lois, valeurs et systèmes qui cherchent à régir des réalités pour lesquelles ils n’ont pas été prévus. Certes, des juristes ayant des compétences techniques, il en faut, mais il est aussi essentiel de former (entre autres) des juristes traditionnels capables de voir la situation dans son ensemble et de réfléchir aux moyens d’accorder l’humain et la technologie dans le respect de nos valeurs sociétales.

Pour avoir un exemple concret, lisez notre article-vedette sur l’utilisation des technologies prédictives dans le système de justice à des fins telles que la révision de cautionnement. Comment expliquer le risque tolérable à une machine si l’on ne s’entend même pas sur ce que sont la justice et la sécurité dans les circonstances? La technologie orientera-t-elle nos décisions alors que la liberté des gens est en jeu?

Voilà de grandes questions. Et ce sont les juristes dont la formation et le travail sont imprégnés de nos valeurs sociétales – primauté du droit, droits de la personne, vie privée, etc. – qui pourront encadrer nos futures décisions sur l’utilisation de ces outils nouveaux et puissants.

En période de transformation rapide, il est facile d’ignorer les conséquences de nos gestes. Or, nous avons actuellement trop à perdre pour commettre cette erreur.

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