Un dîner avec Marjorie Hickey: Pratiquer le droit sans renier ses convictions

Par Willy Palov Printemps 2017

Un dîner avec Marjorie Hickey: Pratiquer le droit sans renier ses convictions

 

Les convives

L’expert: Marjorie Hickey, associée chez McInnes Cooper, à Halifax.

Me Hickey travaille principalement sur les questions liées à la réglementation et à la responsabilité des professionnels. Elle est aussi une ancienne capitaine de frégate de la Réserve navale et une ancienne commandante du NCSM Scotian.

L’apprentie: Jennifer Taylor, avocate-recherchiste chez Stewart McKelvey, à Halifax. Me Taylor a fait son stage en droit au Bureau des avocats de la Couronne – droit criminel, à Toronto. Après avoir eu terminé son stage et obtenu une maîtrise en droit (LL.M), elle a été clerc auprès de la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse. Elle œuvre au sein du groupe de défense des droits de son cabinet et s’intéresse particulièrement au droit des Autochtones et aux questions relatives aux personnes LGBQT.

Comment servir l’intérêt du public? Voilà une question que les avocates haligoniennes Jennifer Taylor et Marjorie Hickey se posent souvent. Me Taylor, avocate-recherchiste, a amorcé sa carrière il y a sept ans, tandis que Me Hickey cumule 35 ans d’expérience. Elles se trouvent certes aux antipodes de leur parcours de professionnelles du droit, mais elles adhèrent toutes deux à l’idéal séculaire des facultés de droit : « tenter de changer les choses ». Un idéal qu’elles sont à même de poursuivre en cabinet privé.

Comment servir l’intérêt du public? Voilà une question que les avocates haligoniennes Jennifer Taylor et Marjorie Hickey se posent souvent. Me Taylor, avocate-recherchiste, a amorcé sa carrière il y a sept ans, tandis que Me Hickey cumule 35 ans d’expérience. Elles se trouvent certes aux antipodes de leur parcours de professionnelles du droit, mais elles adhèrent toutes deux à l’idéal séculaire des facultés de droit : « tenter de changer les choses ». Un idéal qu’elles sont à même de poursuivre en cabinet privé.

Au début de sa carrière, en 1981, Me Hickey rêvait d’accroître la justice sociale, mais elle a décidé de plonger dans un environnement généraliste pour tâter le terrain jusqu’à ce qu’elle trouve son domaine de prédilection, soit les questions réglementaires, qu’elle a découvertes alors qu’elle représentait l’Association des infirmières de la Nouvelle-Écosse. Graduellement, elle a fait de ce domaine 
sa spécialité.

« En fait, c’est plutôt arrivé par hasard, mais, ultimement, ça correspondait à mes préférences, car une grande partie du travail relatif à la réglementation des professions finit par servir l’intérêt du public, estime Me Hickey. Que ce soit pour une question d’agrément ou de mesure disciplinaire, on se demande toujours, 
en fin de compte, comment se conformer à l’intérêt du public. Et j’ai été réellement séduite par cet aspect des choses. »

Récemment, Me Hickey a travaillé sur des dossiers hautement médiatisés où elle a représenté la Nova Scotia Barristers’ Society dans l’affaire de l’Université Trinity Western et a agi à titre de conseillère pour l’enquête du Conseil canadien de la magistrature concernant le comportement du juge de la Cour fédérale Robin Camp lors d’un procès pour agression sexuelle.

Pour Me Taylor, le parcours de sa collègue prouve qu’un avocat peut mener une brillante carrière sans renoncer à ses préoccupations sociales. Dernièrement, au cours d’un dîner à Halifax, Me Taylor a bombardé de questions sa consœur chevronnée pour savoir comment atteindre l’équilibre dans sa carrière tout en visant des rôles de premier plan dans des projets importants comme les récents dossiers de Me Hickey.

Le conseil de Me Hickey : laisser un créneau se développer naturellement, mais emprunter aussi d’autres voies, comme celle du bénévolat (en droit ou ailleurs), pour garder l’intérêt du public au cœur de ses priorités.

« Il arrive qu’on choisisse un parcours, mais il arrive aussi que ce soit le parcours qui nous choisisse. Il suffit d’être patient, et le reste devrait suivre, croit Me Hickey. Après avoir choisi une voie, il faut du temps pour se faire un nom, mais une fois qu’on a assez de clients et assez de travail, on peut se permettre d’être un peu plus sélectif. Ça vient avec le temps et l’expérience. »

Me Taylor en est à sa quatrième année chez Stewart McKelvey, dans un rôle unique grâce auquel elle participe à une variété de projets qui lui tiennent à cœur. Elle se passionne avant tout pour les questions d’équité, comme les droits génésiques des femmes, les questions relatives aux personnes LGBQT et le droit des Autochtones.

« Le cabinet nous permet de nous investir dans le milieu du droit et de travailler bénévolement. Donc, cette année, j’ai fait du bénévolat en droit des réfugiés, par exemple, raconte Me Taylor. Mais je travaille aussi beaucoup en droit constitutionnel, et je vois chaque participation à un litige de cette nature comme une occasion de favoriser l’intérêt du public.

« Dans mes fonctions de recherchiste, je reçois constamment des causes intéressantes, souvent quand je m’y attends le moins. Parfois, elles n’ont rien à voir avec le travail habituel que nous faisons pour de grandes sociétés. Quoi qu’il en soit, mes convictions m’accompagnent dans chacune de mes tâches.

« Je crois qu’il y a toujours moyen de trouver l’équilibre, c’est-à-dire de donner au client le meilleur conseil possible tout en tenant compte des grandes causes, des droits et des questions d’équité qui peuvent être en jeu. »

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