Harcèlement sexuel en milieu de travail : Entrevue avec Marie Dussault

By Mariane Gravelle March 13, 201713 March 2017

Harcèlement sexuel en milieu de travail : Entrevue avec Marie Dussault

Le 8 mars 2017, coïncidant avec la Journée internationale de la femme, l’ABC a présenté son nouveau balado « Tolérance Zéro » sur l’agression sexuelle et le harcèlement sexuel. Celui-ci est présenté par le Forum des avocates de l’ABC en collaboration avec de nombreuses sections nationales de l’ABC et avec l’ACCJE. Ce balado s’inspire de la récente campagne #Jedénonce – au cœur de laquelle on a encouragé les gens à soumettre, de façon anonyme, leurs expériences par rapport au harcèlement sexuel et aux agressions sexuelles en milieu de travail – et s’efforce de poursuivre le débat sur cette question importante et d’examiner le rôle que peuvent jouer les avocats, les clients et la communauté en vue de résoudre ce problème.

Marie Dussault – conférencière participant au balado – est présidente d’Inform’Elles, une association francophone en Colombie-Britannique qui a pour but d’offrir des services d’information, de sensibilisation et de soutien en français au sujet de la violence faite aux femmes et aux jeunes filles.

ABC National: Comment la question de la violence à l’égard des femmes est-elle traitée maintenant, par rapport à il y a 30 ans, lorsque vous avez commencé à vous impliquer au sein d’organismes de femmes?

Marie Dussault: Il y a 30 ans, nous faisions beaucoup de travail de sensibilisation et d'éducation à propos de la violence faite aux femmes. Le problème commençait à être de plus en plus sur la place publique. Il y avait un grand sentiment de solidarité tant au Canada qu'internationalement et le mouvement féministe se ralliait autour d'enjeux telles que la violence faite aux femmes. Beaucoup a été fait depuis; lois, politiques, programmes, trousses de formation, protocoles d'intervention, campagnes de sensibilisation, toutes ces initiatives dans le but de soutenir les femmes victimes de violence et de faire des changements systémiques. Tout ça est très positif.  Cependant, il reste toujours beaucoup à faire en particulier dans le domaine de la violence sexuelle. Dans les dernières années et, tout récemment, des évènements nous ont permis de croire qu'il y aurait des changements importants. Malheureusement les attentes ont été déçues mais l'engagement des groupes de femmes et des institutions qui les appuient n'a pas diminué et on sent que nous sommes à un tournant. 

N: Que disent les victimes? Les travailleurs de soutien?

MD: C'est encore difficile pour les femmes victimes de violence lorsqu'elles font appel à des services. Que ce soit dans le domaine de la santé, des services juridiques ou sociaux, il y encore beaucoup à faire pour que les femmes se sentent appuyées et soutenues.

Pour ce qui est des travailleuses de soutien, je pense que c'est le manque de ressources qui demeurent problématique. Les enjeux sont complexes, il a plusieurs intervenants et secteurs impliqués, et les groupes de femmes qui continuent à être au cœur du changement sont toujours sous-financés. 

N: En tant que présidente d’Inform’Elles, quelles mesures croyez-vous qu’on devrait mettre en place pour adresser la souche de ce problème?

MD: Nous avons besoin de mettre en place des stratégies qui touchent tous les secteurs de la société. Il y beaucoup d'initiatives locales, régionales, nationales mais pour effectuer une changement de société je pense que nous avons besoin d'une plus grande volonté politique et d'une planification à long terme. On a vu des grands changements dans la société canadienne au cours des années grâce à des initiatives qui intervenaient sur différents fronts. On peut penser aux campagnes anti-tabac. Le temps semble propice et on le voit avec la campagne Zéro tolérance. Il y a de plus en plus de réceptivité, plusieurs groupes et individus veulent prendre position et veulent faire partie de la solution. 

N: Pourquoi était-il important pour vous de vous impliquer dans ce balado?

MD: Prendre la parole et prendre position n'est pas toujours facile et je trouve cette initiative vraiment importante. Quand on pense à l'ampleur du problème de la violence faite aux femmes, du nombre de femmes et de filles qui sont touchées, plus nous serons nombreux et nombreuses à prendre la parole, à s'informer pour intervenir, plus grande sont nos chances de faire le changement nécessaire pour que cette violence devienne inacceptable.

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