Un siège à un conseil d’administration pourrait améliorer votre assise professionnelle

Par Carolynne Burkholder-James juillet 6, 20176 juillet 2017

Un siège à un conseil d’administration pourrait améliorer votre assise professionnelle

 

Faire du bénévolat en tant que membre d’un conseil d’administration peut profiter à votre communauté, mais aussi à votre carrière en droit, selon Matthew Reid.

Me Reid est un avocat spécialisé en droit des préjudices personnels dans le cabinet Cohen Highley LLP à London (Ontario), qui a une vaste expérience en tant qu’administrateur. Il est actuellement conseiller scolaire et président du conseil scolaire Thames Valley District School Board et président du conseil d’administration de HOBY Canada, un programme de leadership pour les jeunes. Il a en outre siégé au conseil d’administration de Regional HIV/AIDS Connection et de plusieurs autres organisations.

Me Reid dit qu’il encourage les jeunes juristes à offrir leurs services en tant que membres de conseils d’administration.

« Je pense qu’un grand nombre d’organismes de bienfaisance ont un besoin considérable de comprendre le droit et d’être informés dans ce domaine. Il ne s’agit pas nécessairement de conseils juridiques, mais d’une compréhension juridique de base et de la façon de composer avec les systèmes », dit-il. « C’est très précieux pour les organismes de bienfaisance qui ne peuvent pas se permettre financièrement de retenir les services d’un avocat et de payer les taux horaires élevés. »

Taslenna Shairulla est avocate dans le domaine de la gestion de la conformité aux règlements auprès de BMO Capital Markets. Elle est administratrice bénévole et secrétaire pour Human Rights Internet, une organisation qui effectue la promotion des droits de la personne et de la justice sociale au moyen de possibilités de leadership, de projets de documentation, de publications et d’activités.

Selon elle, les juristes possèdent de nombreuses compétences qu’ils peuvent partager avec les sociétés et d’autres organisations.

« Nombreuses sont les organisations à but non lucratif qui apprécient grandement la présence d’un juriste dans leur conseil d’administration, car elles doivent fréquemment faire face à des problèmes connexes au risque opérationnel et de gestion », dit-elle.

Me Reid affirme qu’il tire également un avantage personnel de son travail d’administrateur, car cela lui permet de « garder les pieds sur terre ».

« C’est une bonne façon de sortir du bureau et du cadre juridique intellectuel et de voir comment s’en sortent d’autres personnes extérieures au bureau », dit-il. « Pour moi qui exerce le droit des préjudices personnels, je pense qu’il est extrêmement précieux de comprendre ce que vos clients vivent et les obstacles qu’ils doivent surmonter. Sortir du bureau et aider des organismes de bienfaisance est une bonne façon de se renseigner et d’apprendre. »

Les conseils d’administration représentent en outre une bonne occasion pour les jeunes juristes d’approfondir leurs compétences dans d’autres domaines, ajoute Me Reid.

Ainsi, en tant que conseiller scolaire, il a appris beaucoup de choses sur le droit du travail.

« Je n’exerce pas le droit du travail, mais j’ai appris beaucoup de choses comme la négociation de conventions collectives et le licenciement d’enseignants fondé sur de possibles activités criminelles. Ce sont des sujets qui ne se présentent pas à moi au quotidien, mais qui m’ont apporté une meilleure compréhension et ont approfondi mes connaissances », dit-il, ajoutant que cela l’a aidé à être un avocat bien équilibré.

Me Shairulla dit qu’elle a, elle aussi, acquis de nombreuses nouvelles compétences pendant ses deux ans auprès de HRI, y compris « les modalités de l’élaboration d’un budget, de l’analyse des états des pertes et profits, de l’élaboration d’une stratégie organisationnelle et de la gestion d’un site Web ».

« Les juristes sont souvent très aptes au raisonnement analytique, et capables de considérer les problèmes sous tous leurs angles. Cependant, les membres de conseils d’administration ont souvent la responsabilité et l’autonomie supplémentaires pour prendre des décisions qui ont des incidences sur l’ensemble de l’organisation. À ce titre, cela vous permet de vous exercer au leadership et à la résolution de problèmes tout en vous offrant des perspectives qu’un juriste a rarement l’occasion d’envisager », dit-elle.

De nombreux juristes peuvent en outre tirer grand profit d’une meilleure connaissance des structures d’entreprise; connaissances acquises tout naturellement par les membres des conseils d’administration, déclare Me Reid. 

« Un grand nombre de juristes ne comprennent pas la différence entre gouvernance et fonctionnement au sein d’une société ou d’une organisation à but non lucratif. Il est très important de comprendre que le conseil d’administration gouverne et que le personnel est là pour assurer le fonctionnement et les affaires au quotidien », dit-il.

En outre, le bénévolat auprès du conseil d’administration d’une société ou d’un autre type d’organisation peut aussi améliorer votre profil et aider votre carrière, affirme Me Reid.

Du point de vue d’un jeune avocat, je pense que le travail effectué pour un conseil d’administration vous aide à vous faire connaître au sein de la communauté, à attirer des clients et à accroître votre réseau, ce qui peut apporter du travail, pour vous et pour votre cabinet », dit-il, ajoutant que les nominations en qualité de membre de conseils d’administration peuvent « rehausser votre profil et vous mettre en contact avec des personnes qui partagent vos intérêts. »

Me Shairulla est d’accord, déclarant que le bénévolat auprès de conseils d’administration l’a aidée à élargir son réseau car « des universitaires, des écrivains et des banquiers spécialisés dans les placements siègent à notre conseil d’administration ».

En sa qualité d’avocat spécialisé en droit des préjudices personnels dans le sud de l’Ontario, Matthew Reid se dit en concurrence avec les « machines de commercialisation » d’autres cabinets juridiques.

Par conséquent, il s’efforce plus particulièrement de développer son cabinet au moyen du bouche-à-oreille et en développant des connexions avec la communauté.

« Le meilleur moyen de vous faire connaître est de participer activement à la vie de la communauté », dit-il.

Il recommande aux jeunes juristes qui souhaitent siéger à un conseil d’administration de choisir une cause qui les passionne.

« Si vous n’avez pas de lien personnel avec, par exemple, les maladies rénales, vous risquez de ne pas être aussi motivé pour aider et assister à toutes les réunions de l’organisation choisie », dit-il.

Pour être nommé ou élu à un poste d’administrateur, Me Reid et Me Shairulla recommandent tous deux de vérifier sur l’Internet si les organismes de bienfaisance ont besoin d’administrateurs supplémentaires. Le site Web Charity Village est un site qu’ils recommandent.

Il est également possible de siéger à des comités consultatifs de votre municipalité, c’est une autre façon de s’impliquer, déclare Matthew Reid.

« Recherchez les postes ou les postes vacants pour les comités municipaux ou du conseil scolaire, ou des choses de ce genre », dit Me Reid. « Commencez par participer activement et bénévolement à des comités, la présidence vous sera accordée plus tard… »

N’hésitez pas à dire aux gens autour de vous que ces possibilités vous intéressent, conseille-t-il.

« Je renvoie constamment des juristes vers des organismes de bienfaisance qui recherchent des membres pour leur conseil d’administration », affirme Matthew Reid.

Me Shairulla recommande d’approcher les organisations directement. 

« Si une organisation particulière vous intéresse, je vous suggère de communiquer avec les membres de son conseil actuel par courrier électronique ou via LinkedIn pour avoir une idée de ses objectifs et projets tout en tentant de promouvoir l’intérêt que vous lui portez », dit-elle.

Votre nom deviendra éventuellement tellement connu au sein de votre communauté que les nominations reposeront sur le bouche-à-oreille, affirme Me Reid. « Vous finirez par devoir refuser des offres tellement vous en recevrez. »

Carolynne Burkholder est avocate dans le cabinet Heather Sadler Jenkins LLP à Prince George (Colombie-Britannique). Elle siège actuellement à trois conseils d’administration. 

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